Cédric “Bobatl4” Mourougandy – Du faux départ au rebond victorieux
🧍♂️ Le joueur
Pour ceux qui te connaissent moins : qui est Bobatl4, et quel est ton parcours jusqu’au Pauper aujourd’hui ?
Bonjour les pauvres !
Je suis avant tout un joueur de longue date de Dimir Terror, et aujourd’hui le référent de la ligue Pauper Roannaise.
J’ai découvert Magic à la sortie du bloc Lorwyn. À l’époque, venant des cartes Pokémon, j’ai été frappé par la richesse visuelle et la profondeur du jeu — j’avais vraiment l’impression de passer à un niveau supérieur. J’ai appris à jouer avec des amis, puis j’ai rapidement enchaîné sur des tournois Modern à Paris, où je jouais notamment UB Faeries.
J’ai arrêté autour de 2018 pour me concentrer sur ma vie personnelle, puis j’ai redécouvert Magic via le Pauper. Le côté accessible et compétitif m’a tout de suite accroché. En arrivant à Lyon, j’ai découvert une communauté très active, ce qui m’a permis de plonger pleinement dans le format.
Depuis 2024, je joue Pauper de manière régulière, et ce que j’aime particulièrement, c’est ce côté “Modern d’avant Modern Horizons” : un format relativement stable, avec des cartes iconiques, où chaque édition apporte des ajustements sans tout casser. Et surtout, la communauté est incroyable.
Côté style de jeu, je suis clairement orienté contrôle. J’ai toujours préféré les versions lentes et maîtrisées de Dimir Terror, plutôt que les versions agressives. J’aime contrôler le tempo, anticiper, et prendre des décisions sur le long terme.
❌ Sideboard 5 : un faux départ assumé
Tu sors très tôt du Sideboard 5. Peux-tu revenir sur ton état d’esprit, ton choix de deck et les raisons de cette élimination ?
Je pense que le mot qui résume le mieux mon état d’esprit, c’est “indécis” — et c’est quelque chose qui me caractérise assez bien.
J’hésitais entre plusieurs versions de Dimir Terror, notamment entre une version plus agressive et une version plus contrôle. Au dernier moment, j’ai décidé de changer… et je me suis retrouvé à jouer une liste que je ne connaissais pas assez.
Ça s’est vite ressenti. En plus du manque de préparation évident, j’ai affronté des match-ups compliqués dès le début — dont le vainqueur du dernier Paup’Roanne en première ronde. Dans ces conditions, avec un deck mal maîtrisé, ça ne pardonne pas.
Mais paradoxalement, je n’ai pas ressenti une énorme frustration. J’étais assez lucide : je savais exactement pourquoi je perdais. À 0-3, j’avais déjà décidé de drop pour jouer le Rebound, et surtout revenir à une liste que je maîtrise vraiment.
Avec le recul, c’est une combinaison de mauvais choix de deck, de manque de préparation et de mauvais pairings. Mais la plus grosse erreur reste clairement de ne pas m’être fait confiance.
🔁 Rebondir : confiance retrouvée et maîtrise du deck
Tu enchaînes directement avec le Rebound et tu le gagnes. Comment expliques-tu ce changement radical ?
Le vrai tournant, ça a été de revenir à quelque chose que je connais parfaitement.
J’avais heureusement mes cartes avec moi, ce qui m’a permis de modifier complètement ma liste entre les deux tournois. Pour le Rebound, j’ai joué une version très proche de celle que j’utilise en ligue depuis des mois — un deck que j’ai testé, ajusté, et que je connais sur le bout des doigts.
Et ça change tout.
Dès que j’ai eu le deck en main, j’ai retrouvé une confiance totale. Je savais comment gérer mes sorties, comment adapter mes lignes de jeu, comment anticiper les situations compliquées.
Je n’ai pas vraiment changé mon approche mentale : je joue toujours sérieusement, par respect pour moi-même et pour mes adversaires. Mais forcément, il y avait aussi une motivation supplémentaire — le biland à gagner 😄
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne me suis pas dit que je n’avais “rien à perdre”. Au contraire, je me suis dit qu’il y avait encore quelque chose à aller chercher. Et ça m’a permis de rester concentré tout du long.
🏆 Une victoire construite… et assumée
Que représente cette victoire au Rebound, et qu’est-ce qui a fait la différence dans ton run ?
C’est une victoire très importante pour moi.
Déjà parce que le niveau était là — 35 joueurs motivés, avec des match-ups parfois défavorables comme Rally, Gardens ou Jund. Mais surtout parce que ça récompense un travail de fond sur le deck depuis presque un an.
Sur le tournoi, j’ai vraiment senti que je contrôlais mes parties. J’avais les bonnes réponses au bon moment, et surtout une excellente lecture des situations.
Par exemple :
- contre Altar Tron, j’ai pu bloquer complètement son développement en contrant ses sources de mana,
- contre Jund, j’ai pris l’avantage rapidement avec mes menaces,
- contre Gardens, un match-up difficile, j’ai réussi à voler une game grâce à une ligne très précise avec Unexpected Fangs,
- et contre Mono Red Rally, j’ai dû jouer autour de Pyroblast en adaptant mon plan de jeu.
Ce genre de situations, je pense que je ne les aurais pas aussi bien gérées avec la liste du matin.
Cette victoire confirme surtout une chose : j’aurais dû jouer cette version dès le Main Event. C’est une erreur que je ne referai pas.
🧠 Dimir Terror : choix, ajustements et philosophie
Tu parles beaucoup de maîtrise du deck. Peux-tu détailler tes choix et ta vision de Dimir Terror ?
Oui, parce que c’est vraiment central dans mon approche.
J’ai longtemps testé différentes versions, notamment avec Mental Note et Thought Scour, mais je trouve qu’elles ont un défaut majeur : on se meule souvent “à l’aveugle”, sans contrôler ce qu’on perd.
C’est pour ça que je préfère des cartes comme Consider, qui permettent de mieux filtrer et de garder le contrôle sur sa bibliothèque et son cimetière.
Certaines cartes surprennent dans ma liste, comme Dihada’s Ploy, mais je la trouve excellente : gain de vie dans un méta agressif, sélection de cartes, synergies… elle fait beaucoup plus que ce qu’on croit.
J’ai aussi adapté mes menaces :
- Cryptic Serpent plutôt que Gurmag Angler, car plus facile à lancer dans cette configuration,
- une approche plus contrôle globale, qui me permet de dicter le rythme.
Le résultat, c’est une version très stable, où j’ai un contrôle quasi total sur ma main et mes sorties. Et c’est exactement ce que je recherche.
🌍 Mental, progression et regard sur le format
Qu’est-ce que cette journée t’a appris, et quel regard portes-tu sur la progression et le format ?
Déjà, une chose simple : l’indécision peut coûter très cher 😄
Mais plus largement, ça confirme que la maîtrise du deck est essentielle. Sur une longue journée, le deck, la préparation et le mental comptent tous — mais connaître parfaitement son deck fait souvent la différence.
Et puis, il ne faut pas avoir peur de perdre.
J’ai fini de nombreux tournois dans les derniers, et au final, on apprend énormément : les erreurs, les missplays, les mauvais side… tout ça fait progresser. Avec le temps, ces erreurs diminuent, et on comprend mieux le méta.
Concernant le format, je le trouve globalement sain.
Lórien Revealed apporte de la stabilité aux decks bleus, mais la diversité reste bien présente avec des decks comme Garden, Tron ou Jund. En revanche, certaines cartes comme Sneaky Snacker ou certains engines me semblent à surveiller.
🔊 Et si c’était votre tour ?
Les Voix au Paupeer est là pour mettre en lumière celles et ceux qui le construisent, à tous les niveaux.
Que vous soyez joueur local, grinder, deckbuilder ou passionné :
👉 votre expérience a sa place ici.
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